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Rythmique Afro-cubaine
C’est bientot l’été,le soleil les vacances, On fait la fête et qui dit fête dit obloigatoirement Samba, Salsa, et musique afro-cubaine. Cette musique ensoleillée regroupe de nombreux styles mais tous ces styles ont la même origine et les mêmes principes rythmiques. Les rytmes afrocubains lorsqu’on est pas originaire de portorico ne sont pas faciles à gérer par les bassistes, nous allons essayer dans cette rubrique d’éclaircir ce sujet.
Tout commence à Cuba au 15ème siècle lorsque Cristophe Colomb découvre l’amérique. quelques temps plus tard les premiers colons s’installeront avec leurs cargaisons humaines. les vivaces traditions africaines, seul bagage emporté par les esclaves en partance et seule richesse à transmettre à leurs enfants, vont côtoyer les traditions culturelles arrivées d'Espagne : pendant des dizaines d'années, elles vont se mélanger, se malaxer, s'amalgamer les unes aux autres.Dans le creuset culturel qu'est alors Cuba, de nouvelles musiques vont naître, contribuant à la formation d'une cubanité naissante.

La clave
Du XVIème au XVIIIème siècle, les docks du port de La Havane sont le centre vital de toute la capitale. La sécurité de son port, protégé par des forteresses réputées imprenables, assurent alors à la ville la venue de tous les bateaux chargés des richesses arrachées aux terres des Amériques, et impose La Havane comme l'incontournable porte des indes. Des centaines d'esclaves, de marins, de soldats et d'ouvriers forment le petit monde du port, où se multiplient les lieux de plaisir.
Pendant de nombreuses années, La Havane de Cuba et la capitale d'Espagne échangent hommes, marchandises, savoirs, coutumes, par les allées et venues incessantes des navires . Ici se mélangent les musiques d'Afrique, qui hantent les crânes des esclaves noirs, et les musiques d'Andalousie. Le port de La Havane est vibrant d'activité, il faut réparer les navires en bois ayant essuyé les tempêtes et résisté aux pirates, et les remettre en état avant qu'ils ne se risquent avec leurs équipages et leurs précieuses marchandises vers les Bermudes, passage obligé du retour en Europe.
Les navires sont à l’époque assemblés avec des chevilles de bois d’une qualité remarquable, imputrescible dans l’eau de mer, elles sont les pièces essentielles du navire, véritables clés d'assemblage sans lesquelles rien n'est possible.
Aux mains des ouvriers-charpentiers de marine, elles s'entrechoquent au rythme du travail, libérant une sonorité profonde et nostalgique dûe à la dureté du bois utilisé (acana, jiqui, guayacan, jucaro, quiebrahacha,...). Quand le travail s'arrête un moment, les docks et les tavernes du port se peuplent de musiques et de chants, et les chevilles, ou clés (llaves en espagnol), ou claves, deviennent tout naturellement des percussions dans les mains de gens pauvres et sans instruments, pour qui la musique est une activité naturelle et quotidienne.
C'est ainsi que polie par le temps, par les mains des esclaves noirs d'Afrique et des galériens venus d'Andalousie, la clave devient peu à peu un instrument de musique. Dans un port qui est une clé du monde, deux morceaux de bois, pièces essentielles des bateaux, deviennent une autre clé : celle de la musique cubaine. C'est en effet la percussion des claves que tout l'orchestre écoute, c'est à la clave que les musiciens se fient. Que le percussionniste aux claves perde le rythme, et c’est tout l’édifice de la musique qui s’écroule.
La clave est donc un instrument de percussion mais c’est également le nom du rythme qu’il génère.
La cellule rythmique est formée de la succession de deux parties (généralement 2 mesures), répétées à l'infini. L'une des parties comprend trois battements, l'autre partie seulement deux.
La clave d'origine commence par la partie comprenant trois chocs, suivie de la partie comprenant deux chocs : c'est la clave 3/2.
Lorsque la partie deux chocs précède la partie trois chocs , on parle de clave 2/3

Et la basse dans tout ça.
Avant l’apparition de la contrebasse dans la musique Cubaine les notes graves étaient assurées par deux instruments d’origine Bantu la Botija et le Mirimbula. les musiciens qui pratiquaient ces instruments primitifs jouaient des rythmes syncopés très imprégnés de la culture africaine. ils accentuaient principalement le “et” du second et du quatrième temps. Cette formule rythmique, essentielle pour le développement des lignes de basse de la Salsa moderne s’apelle Le tumbao. En effet
la Salsa commercialisée à New York par des Portoricains immigrés est une musique d’origine cubaine modernisée ou l’on a mis l’accent sur les cuivres. Du point de vue Harmonique le Tumbao ainsi que les lignes de basse de la Salsa moderne se contentent principalement de la fondamentale de chaque accords. Les mouvements mélodiques restent généralement à l’intérieur d’une même octave. la caractéristique principale des lignes de basse de la Salsa est l’omission volontaire du premier temps. En effet on joue le premier temps une seul fois, ensuite le tumbao se met en place et le premier temps n’est plus joué durant le cycle. On remarque également que dans de nombreux cas la quinte de l’accord est jouée sur le “et” du 2ème temps. Le système du tumbao a une fonction harmonique primordiale car comme le 1er temps n’est jamais joué la basse anticipe les changements d’acccord.
Dans la Salsa moderne, les bassistes enrichissent le tumbao avec des tièrces,septièmes etc... et celui ci devient moins systématique par contre le principe rythmique des syncopes est toujours respecté.
La musique cubaine s’est déclinée sous de nombreuses formes de musiques de danse : Manbo, chachacha, guaracha merengue etc.. mis à part quelques différences qui leur sont propres ces styles utilisent les mêmes principes rythmiques. La musique afrocubaine et plus particulièrement le tumbao pour les bassistes représente une influence Majeure de la musique actuelle et cette influence en fusionnant déborde sur la musique plus électrique, citons par exemple carlos Santana qui puise une grande part de son inspiration dans la musique afrocubaine.

Exemple N°1 Cha-Cha-Cha
le Cha-Cha-Cha est une des multiples déclinaison de la musique cubaine, dans cet exemple la basse joue le premier temps une mesure sur deux.

Exemple N°2 Guaracha
Un autre exemple de la diversité de la muisque Cubaine avec cette rythmique typique de la guaracha . Ici nous sommes plus proche du tumbao originelle et le premier temps est joué une seule fois.

Exemple N°3 Salsa
La première partie est un unisson de tous les instruments du groupe, dans la seconde partie le tumbao se met en place.

G.Malapert


 
Exemple N°1




Exemple N°2




Exemple N°3