Zouc basse
De part la situation géographique des caraïbes, dès le développement des communications, les musiciens antillais, ont été au croisements des influences américaines avec le jazz, européennes avec la musique classique et latines avec la salsa par exemple. Au début, dans les iles il y avait la biguine et la mazurka, des styles qui pouvaient déja êtres très riches harmoniquement. A ce stade la batterie n’existait pas encore et les rythmes étaient joués par des percussions traditionnelles le gros Ka (tambour basse), le tibois (deux baguettes frappées sur un morceau de bois) et la “feuille” (cymbale étouffée jouée sur le rythme du tibois). Un autre percussioniste jouait souvent de la cloche et du tom basse sur le rythme du ska. Dans les années 80, le batteur a remplacé la feuille par le rim shot. La ligne de basse qui jouait jusqu’a présent une pompe en alternant la fondamentale et la dominante est devenue plus mélodique grâce à des bassistes comme Georges Decimus de Kassav’ ainsi qu’à Michel Alibo qui fut le premier à mélanger le style avec des techniques de basse plus africaines. Kassav’ a su exploiter ce coté moderne et ce fut le boum du zouk! Le succès du Zouc tient à son efficace simplicité. La stucture est souvent organisée de la manière suivante: Une introduction pour chauffer l’ambiance, souvent de huit mesures, un couplet, un pont musical et l’ad lib ! l’harmonie est organisée presque exclusivement autour de Do et de Sol soit C-C-G-F, C-D-G-F, ou encore C-D-G-F-Bb-Eb. comme toutes les musiques brassées culturellement le zouk se décline en de nombreux styles zouk’n’roll, hard zouk ou technozouk, mais plus récemment la tendance est au zouk love, inspiré par les chanteuses leader des groupes phares du style qui s’émancipent pour entammer des carrières en solo. notamment Joelle Ursull co-fondatrice de Zouk machine et Jocelyne beroard ex chanteuse de kassav’ qui fait un tube avec “Kolé seré” en duo avec Philippe Lavil.
Les rythmiques Zouk sont souvent délicates à appréhender car derrière une grosse caisse qui marque les temps à la manière Disco ou techno se cachent des rythmes “cassés” assez complexes.
Exemple N°1
Dans ce morceau, la basse développe un groove typique des racines du Zouk. Mis à part le plan de liaison en fin de cycle, dans le premier passage elle joue uniquement des noires, une “pompe” en alternant soit la fondamentale et la tièrce soit la fondamentale et la quinte (dominante). Vous remarquerez que le second passage est construit avec la gamme de Mib mixolydien. cette ligne de basse est typique du zouk love qui revient au sources du genre, elle est basiques, agréable à jouer et sans difficultés techniques.
Exemple N°2
Dans cet exemple, la ligne de basse est très finement conçue. Tout d’abord, vous remarquerez le placement du départ de la ligne de basse en forme de break, vous noterez également l’accord de deux notes à l’octave. N’hésitez pas à piquer les notes en serrant bien les doubles croches et en jouant des notes courtes. Vous pourrez de temps en temps, a votre gré, placer une ou deux notes muettes juste avant les premiers temps .Pour obtenir le plus de précision possible établissez un angle avec votre main droite qui permette d’attaquer les cordes le plus perpendiculairement possible. Le compte des temps sera également primordiale. La partie de basse de cet extrait est construite sur la gamme de REm.
Exemple N°3
Pour interpréter correctement cette ligne de basse comme pour l’exemple précédent vous devrez piquer les notes. Attention a bien placer le slide joué sur la corde de sol entre Mi et Re, c’est le pivot de ce plan. la tonalité du morceau est Mim. Les bassistes de Zouk ont tendance a nous faire croire que leur lignes de basse sont uniquement basées sur le feeling, mais lorsqu’on “fouille”, on s’aperçoit rapidement que ces lignes de basses sont très travaillées et demandent une grande rigeur rythmique.
G.Malapert
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