Le riff du mois Ce mois-ci, à nouveau sur le thème du jazz, le turnaround. Pour les amateurs de blues, il est probable que ce terme soit familier. En effet, il s’agit d’une relance ou d’une conclusion dans le cours d’un morceau. Elle met en présence un accord de départ, suivi de quelques dissonances enfin résolues sur un accord consonant en suspension. Il est couramment construit sur la quinte du premier accord (le Vème degré de la gamme soit Si en tonalité de Mi), et l’on conclut sur ce premier accord. J’ai utilisé un son clair type Jazz Chorus et le bouton de tonalité de ma Telecaster est réglé vers les graves, avec le micro manche.
Riff 1 : une fois n’est pas coutume, car un riff est plus souvent synonyme de mélodie et nous avons ici affaire à un riff en accords. En jazz, on peut se permettre de grandes libertés avec les dissonances. En effet et à priori, un A#7/13 et un D#9 n’appartiennent pas à la tonalité mais on peut les construire sur les gammes de blues au troisième stade courantes en jazz. Ce riff servira d’accompagnement pour les deux suivants.
Riff 2 : on reprend cette fois un riff mélodique. Il s’agit de notes doublées à l’octave, cette technique étant largement usitée dans d’autres styles. Les dissonances sont encore présentes mais le coté dynamique et instable de cette exécution nous emmène vers une conclusion sur un Si, allant comme un gant sur le B7/13 ! La technique employée en main droite est le médiator pour les basses et le majeur pour les octaves.
Riff 3 : je parlais de blues dans mon introduction et voici un plan typique de ce style compatible avec le jazz. On retrouve l’ambigüité majeure/mineure, notamment sur l’accord de fin qui ressemble à un Em. J’ai utilisé à nouveau la technique main droite médiator + doigts sur les triolets de départ.
Bruno Levasseur
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