Les rythmiques blues : les bases (partie 1) Les rythmiques blues sont divisées en trois grandes catégories. La première est celle des rythmiques à base de riffs, généralement transposables afin de respecter la grille harmonique. La seconde catégorie comprend les formules en accords et la troisième les rythmiques avec liaisons mélodiques. Bien que la majeure partie des rythmiques de blues puisse être rangée dans une de ces catégories, il y a parfois des interférences entre familles et il est ainsi possible de trouver quelques liaisons mélodiques dans une rythmique à base de riffs et inversement.
La rythmique que nous étudions cette fois est une formule à base de riffs transposables, construits à partir du fameux “mpd” que nous avons déjà vu sous sa forme la plus simple dans une précédente rubrique. Elle est ponctuée de courtes liaisons mélodiques et c’est donc une formule hybride. Côté style, c’est du pur Chicago blues surélectrifié, caractéristique de la fin des fifties.
Notre blues est un 12 mesures classique en Si blues. Dès la première mesure, on note le riff transposable de type “mpd” en powerchords. Ce riff en Si est transposé en Mi (mesures 5, 6 et 10) ou en Fa# (mesure 9) afin de suivre la grille harmonique. Pour le rythme, il s’agit d’un shuffle blues avec une cellule caractéristique d’une mesure comprenant six croches ternaires et un triolet. Durant tout le cycle, la formule rythmique reste la même, avec les traditionnelles variantes des mesures 11 et 12 sur lesquelles les triolets deviennent majoritaires. On remarque encore les liaisons mélodiques à la fin de chaque mesure (mesures 1 à 8), sur la gamme pentatonique majeure partant de la fondamentale de chaque accord. Le turnaround mélodique final est un classique. Il est toutefois joué dans une position peu conventionnelle, typique du style Elmore James, pionnier du Chicago blues électrique et maitre à penser d’un certain Jimi Hendrix. Les effets de jeu sont surtout des slides et on trouve quelques hammers. Au plan de la main droite, les attaques sont franches et régulières, en «forte». Elles sont compensées par un léger muting et des stops main gauche presque imperceptibles. Enfin, le discours est dense mais nuancé, avec un crescendo final du meilleur effet.
JJ Rébillard
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