L’improvisation avec la gamme mineure. La gamme mineure naturelle est directement issue de la gamme majeure dont elle est la relative. En fait, il existe trois gammes mineures au sens classique du terme. La première est la gamme mineure naturelle ou mode mineur mélodique descendant. Son sixième degré est une sixte m par rapport à la tonique et le septième degré une septième m. La deuxième gamme mineure est presque identique à la précédente, à l’exception de la septième qui est majeure. C’est le mode mineur harmonique. Enfin, il existe une dernière gamme avec sixte et septième majeures que l’on appelle mode mineur mélodique ascendant. En musique classique, la gamme mineure mélodique descendante est souvent utilisée pour les mouvements mélodiques descendants. A l’inverse, la gamme mineure mélodique ascendante est majoritairement employée dans les mouvements mélodiques ascendants. La gamme mineure harmonique sert principalement à construire les accords caractéristiques du mode mineur. En musique actuelle, la gamme mineure mélodique descendante est de loin la plus fréquente. Elle est visuellement très proche de la gamme pentatonique mineure. De ce fait, elle est plus facile à utiliser que la gamme majeure en improvisation. Par rapport à cette dernière, la démarche courante est un peu inverse. On prend la gamme pentatonique mineure pour construire le phrasé de base et on ajoute régulièrement la seconde majeure ou la sixte mineure qui apportent la couleur caractéristique. On n’oublie pas l’expression et on utilise les effets de jeu qui sont évidents lorsque l’on pense pentatonique.
L’exemple du mois illustre ces différentes techniques. On commence sur un beau slide en appoggiature et la couleur mineure est immédiate avec la seconde majeure en fin de mesure 1 et la sixte mineure au début de la mesure 2. Ces deux notes sont ensuite régulièrement présentes dans le phrasé basé sur une alternance de plans purement pentatoniques et de plans mineurs (mesures 3 et 4). Les effets de jeu sont assez nombreux (slides, hammers, pull off, bends). Le legato est important et on note une absence totale de silences. Côté figures rythmique, c’est la variété qui domine avec une dominante de doubles croches. Les mélanges binaire-ternaire sont particulièrement efficaces et constituent un excellent exercice. JJ Rébillard
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